L’habitant des métropoles nourrit tant de fantasmes politiques qu’on ne sait plus quels traits lui donner. Est-il cet intellectuel de gauche assis à la terrasse du Flore ou ce hipster barbu et vegan qui se rend chaque matin dans son espace de coworking ? Les familles ont-elles réellement déserté les centres urbains ? Qui sont ces Français qui s’accrochent coûte que coûte à l’hypercentre ? Sont-ils unanimement acquis aux valeurs de la gauche et du progressisme au point qu’il convient pour certains partis d’abandonner les villes ? Pour répondre à ces questions, il faut s’extraire des discours idéologiques pour revenir aux données objectives, sociodémographiques et électorales existantes. Les différentes infographies réalisées à partir de ces données dressent un portrait de l’habitant des métropoles bien différent des caricatures qui ont pu en être faites, notamment d’un point de vue électoral.

Si lors des bascules électorales de 2001 et 2008, le Parti socialiste a été vu comme le parti des grandes villes, aujourd’hui c’est LREM qui semble être le nouveau parti des métropolitains. Dans ce contexte, il convient de se demander s’il existe toujours un espace pour une droite urbaine indépendante de LREM. Nous verrons que c’est en amplifiant l’opposition ville/périphérie, gagnants/perdants de la mondialisation, progressistes/populistes, que l’UMP puis Les Républicains ont contribué à leur propre affaiblissement.