Les élections fédérales du 24 septembre 2017 ont provoqué un véritable séisme politique en Allemagne : Alternative für Deutschland (AfD, « Alternative pour l’Allemagne »), parti national populiste, est devenue la troisième force politique du pays, avec 12,6 % de voix et 94 députés sur les 709 sièges à pourvoir au Bundestag. L’entrée, pour la première fois depuis 1953, de députés d’extrême droite dans la chambre basse, conjuguée aux tensions entre la CDU et la CSU sur la question des réfugiés et à l’effondrement de la social-démocratie, laisse à penser que l’Allemagne s’est « normalisée » vis-à-vis de ses voisins européens. Au lendemain des élections bavaroises et de Hesse et à quelques mois des élections européennes, cette étude entend analyser cette montée du national-populisme en Allemagne à travers l’AfD, qui est dorénavant un parti bien établi dans le système politique allemand.

Cette note a été écrite par Patrick Moreau, docteur en histoire et docteur d’État en sciences politiques (FNSP), chercheur au CNRS au laboratoire Dynamiques européennes de l’université de Strasbourg.