Jamais le discours politique n’aura été observé, analysé, vérifié avec autant de soin. Internet, tout en massifiant la quantité d’informations qui nous parvient chaque jour, drainant des données plus ou moins vérifiées, facilite également l’exercice de vérification des faits. Les nouvelles technologies qui portent le fact-checking vers la voie de l’automatisation et de la vérification en temps réel, façonnent notre rapport à l’information et au discours politique.
Aux fondements de la démarche du journaliste, le travail de vérification est réinventé par les nouvelles technologies. Devant la recrudescence des fake news et la désinformation sur les réseaux sociaux, la démarche de vérification est, elle aussi, en quête de légitimité. Le Big data et l’open data ont accéléré le traitement des données, révolutionnant la vérification de l’information. Les algorithmes au service du datajournalisme et les logiciels de fact-checking participatifs impactent autant la production et la consommation d’information que l’exercice d’une citoyenneté augmentée. Mais pour les détracteurs de la vérification des faits, l’outil serait défectueux, partisan, biaisé par des financements ou un rattachement à des structures qui orienteraient ses résultats. Perfectible, mais nécessaire, le véritable intérêt du fact-checking résiderait dans une nouvelle éducation des citoyens aux médias et au discours politique à l’ère numérique. Et si le fact-checking, attendu comme le remède à la crise de confiance et de légitimité qui touche autant la classe politique que les médias, n’était que le retour aux sources d’une information de vérité par la voie de l’innovation ?

Cette note a été écrite par Farid Gueham, Consultant secteur public et contributeur numérique et innovation auprès de la Fondation pour l’innovation politique.