Dans cette seconde partie, consacrée à la crise migratoire à Calais depuis 2014, les auteurs montrent comment, entre les élections européennes de 2014 et les élections régionales de 2015, le Front national a progressé à Calais et dans ses environs comme nulle part ailleurs en France. Ils abordent ensuite la question de la délinquance, bien réelle, des migrants arrivés durant cette période à Calais et celle des très nombreuses et parfois violentes intrusions sur les sites d’Eurotunnel et du port de Calais par les migrants désireux de rejoindre l’Angleterre.

Si le traitement médiatique de la crise par la presse locale donne à voir la montée en puissance de la crise à mesure que la population migrante augmentait à Calais, il a aussi, selon les auteurs, participé à l’amplification et à la diffusion d’un certain sentiment de perte de contrôle de la situation par les autorités. Calais, devenu symbole de la crise migratoire, a également semblé se transformer en terrain de jeu pour les extrêmes lors des tensions répétées entre militants pro-migrants No Border et militants identitaires, au grand dam des habitants de la ville.

Enfin, les auteurs présentent et analysent une cartographie électorale précise et riche d’enseignements du vote Front national et de son évolution récente à Calais et dans les territoires proches impactés par la crise migratoire.

Cette note a été écrite par Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégies d’entreprise de l’Ifop, et Sylvain Manternach, géographe-carthographe, formé à l’Institut français de géopolitique.