La crise du Covid-19 a révélé la perte d’autonomie stratégique de la France par rapport à certains biens essentiels et rendu d’autant plus visible le décrochage industriel français sur les vingt dernières années. Ce décrochage est responsable non seulement d’une perte de souveraineté mais aussi certainement en partie de la fracture sociale et territoriale grandissante. Alors que le plan de relance présenté en septembre 2020 par le gouvernement accorde une importance particulière aux projets de relocalisations, cette étude s’intéresse aux avantages que représentent les installations nucléaires et la filière nucléaire française dans son ensemble pour les politiques de relocalisation et, au-delà, de réindustrialisation.

Elle démontre notamment que le nucléaire est en France un outil de souveraineté permettant de résister aux chocs énergétiques, un facteur de compétitivité-coût favorisant l’attractivité internationale du pays pour les industriels et un vecteur de compétences, terreau d’une possible réindustrialisation au coeur des territoires. Finalement, la filière nucléaire française est un opérateur clé de la décarbonation en France et présente des atouts certains, non seulement parce que l’empreinte carbone des produits et services est amenée à devenir un nouveau facteur de compétitivité mais aussi parce qu’elle permet à notre pays de se placer dans la course au carburant vert (l’hydrogène) et de se positionner dans les secteurs de demain gros consommateurs d’électricité, tels celui des data centers.

Cette note a été écrite par Valérie Faudon, Déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), enseignante à Sciences Po.