Le journal du Dimanche
7 novembre 2010
Sondage Ifop
2-4 novembre 2010

Quelques jours après l’adoption au Parlement de la loi sur les retraites, la Fondation pour l’innovation politique publie un sondage exclusif sur le rapport des Français vis-à-vis de cette réforme et du mouvement social engendré par cette dernière.

Réalisé par l’Ifop sur un échantillon représentatif de 1007 personnes entre le 2 et le 4 novembre 2010, ce sondage fait ressortir cinq grandes tendances :

    1. A la fin du conflit, les Français jugent toujours la réforme nécessaire. En effet, 64 % des Français considèrent que le report de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans est inévitable.

    2. Le mouvement d’opposition à la réforme des retraites n’est plus compris et n’a plus de soutien populaire. Le mouvement a été perçu comme justifié jusqu’à la manifestation du 28 octobre avant que le soutien ne s’effondre au moment de celle du 6 novembre, passant de 63 à 47 %. Le passage à des modes conflictuels plus durs a sans doute favorisé le retrait de l’opinion, 60 % des Français estiment inacceptables les blocages d’entreprise, d’axes de circulation ou des dépôts de carburant.

    3. Les Français n’ont identifié aucune alternative crédible à la réforme issue de l’opposition politique ou des syndicats. Pour près de 6 français sur 10, aucune personnalité politique (57%) ni aucun syndicat ne propose d’alternative valable à la réforme : 66 % des personnes interrogées estiment que les syndicats se sont opposés à la réforme sans présenter de propositions crédibles. 58 % pensent que le PS n’a pas été non plus en mesure de présenter une autre réforme.

    4. Le Parti socialiste semble assimilé à un parti contestataire. Il a été vu par l’opinion publique comme le principal opposant à la réforme des retraites (52%), devant les formations plus à gauche (Front de Gauche, 44%) et même devant l’extrême gauche du NPA (41%). Le PS a bien été identifié comme une organisation politique engagée dans les manifestations, auprès des syndicats (86%). Les personnalités politiques incarnant le mieux l’opposition à la réforme des retraites sont, dans l’ordre, Olivier Besancenot (39%) et Martine Aubry (39%), suivies de Ségolène Royal (29%) et Jean-Luc Mélenchon (29%).

    5. Pour les Français, les catégories professionnelles qui se sont le plus opposées à la réforme des retraites sont les personnes relevant des régimes spéciaux tels que la RATP et la SNCF (54%) et les fonctionnaires (25%). On note donc que les catégories professionnelles les moins touchées par la réforme des retraites sont celles qui, d’après les Français, s’y sont le plus opposées.