Abstention: les 18-24 ans ne vont-ils vraiment plus voter ?

Dominique Reynié, John Timsit | 30 août 2021

LA VÉRIFICATION - Sur Radio Classique, le politologue Dominique Reynié affirme que les jeunes ne se rendent « plus du tout » aux urnes. Les élections régionales de juin 2021 ont en effet été marquées par une forte abstention de cette tranche d'âge. Un phénomène qui s'est aggravé tout au long du quinquennat.

LA QUESTION.  L’élection présidentielle de 2022 permettra-t-elle un sursaut de mobilisation chez les jeunes ? C’est tout l’enjeu du prochain scrutin après un taux de participation assez bas lors des élections régionales en juin 2021. « Quand on arrive à ce niveau d’abstention, par définition toutes les catégories sont emportées, mais c’était dévastateur dans les jeunes générations. Il n’y a plus de transmission intergénérationnelle de l’acte électoral, de la croyance dans son utilité ni même dans ses principes », explique Dominique Reynié, politologue et directeur général de la Fondapol lundi sur Radio Classique. Et de souligner que « les 18-24 ans n’y vont plus du tout (voter, NDLR) : 80-90% d’abstention. C’est une démocratie qui est en train de cesser, faute d’électeurs ».

VÉRIFIONS.  C’est une réalité : lors des dernières élections régionales, ce segment de la population s’est abstenu à 87% au premier tour et à 79% au second  selon une enquête Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France. Parmi les raisons qui ont nourri ces chiffres, l’institut rapporte que 27% des abstentionnistes souhaitaient « manifester leur mécontentement à l’égard de tous les hommes politiques » et que 23% d’entre eux n’avaient pas de liste ou de candidature préférée.

L’abstention massive chez les jeunes, phénomène grandissant au fil du temps

Il faut dire que ce phénomène, qui n’est pas nouveau, s’est aggravé au fil du quinquennat. Lors des élections municipales l’année dernière, 70% des 18-24 ans n’avaient pas pris part au vote  lors du premier tour le 15 mars 2020. En pleine première vague épidémique, et à la veille de l’annonce du premier confinement par Emmanuel Macron, beaucoup dans la classe politique avaient expliqué cette donnée par la crainte d’attraper le virus en allant aux urnes. Trois mois plus tard, en juin 2021, le second tour se tient : 72% des 18-34 ans  ne mettent toujours pas de bulletin dans l’isoloir. Une donnée d’autant plus criante qu’à l’époque la France s’était déconfinée – beaucoup de Français avaient repris une vie sociale normale.

Un an avant, lors du scrutin européen en 2019, la participation était tout de même meilleure: 39% des 18-24 ans avaient participé au vote. Un chiffre qui s’explique en grande partie par une surmobilisation des jeunes face à l’enjeu écologique principalement porté par la tête de liste EELV Yannick Jadot – qui avait récolté 13,48% des voix. Mais l’abstention avait déjà progressé. Lors de l’élection présidentielle de 2017,  « seuls » 29% des 18-24 ans au premier tour et 34% au second de cette tranche d’âge  au second tour ne s’étaient pas déplacés. À l’approche de l’élection présidentielle de 2022,  la question de l’abstention des jeunes taraude bon nombre de politologues et de personnalités politiques. Si le phénomène avait épargné la dernière élection suprême, il pourrait bien s’inviter l’année prochaine… surtout en cas de nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

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