Hillary Clinton : l’indéfectible

Guillaume Richard-Sadowski | 13 septembre 2016

 2232632457_e3e1328a1d_oDéjà candidate à l’investiture démocrate en 2008, Hillary Clinton est enfin sortie victorieuse des primaires, se rapprochant un peu plus du bureau ovale. Jusqu’à présent, son parcours politique s’apparente à un combat permanent, jonché d’obstacles en tout genre. Sous le feu des médias, des Républicains et même des Démocrates, elle a connu des humiliations et des critiques parfois virulentes. Malgré tout, l’ancienne première dame des États-Unis poursuit son ascension de façon constante vers la plus haute fonction gouvernementale américaine, mettant à mal les volontés politiques qui n’ont eu de cesse de lui barrer la route. Aujourd’hui, elle est devenue la première femme ayant la volonté, le soutien et l’ambition pour diriger le pays le plus puissant du monde. 

Une enfance républicaine

Arrière-petite-fille d’un français, Hillary Rodham Clinton a grandi dans la banlieue de Chicago sous l’égide d’un père Républicain et vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Sa mère, quant à elle, était Démocrate et avait connu une enfance très difficile. Dès l’âge de 17 ans, Hillary Clinton s’investit déjà en politique dans la campagne présidentielle du sénateur Républicain Barry Goldwater. A l’université féminine de Wellesley, elle dirige d’ailleurs les jeunes Républicains. Farouchement opposée à la guerre au Vietnam, elle rallie Eugene McCarthy, le candidat Républicain anti-guerre durant la primaire de l’élection présidentielle de 1968. Après la défaite de ce dernier, elle décide de soutenir la candidature de Nelson Rockefeller, mais c’est finalement Richard Nixon qui sort victorieux de cette investiture en tant que candidat favorable au renforcement de l’armée américaine au Vietnam. Cet événement marque définitivement une rupture avec les Républicains. Pour elle, les causes et les positions sont plus importantes que les barrières partisanes.

Un engagement de longue date

Hillary Clinton s’est toujours investie pour les enfants et la famille, depuis le début de sa carrière d’avocate. C’est en tant que Première Dame de l’Arkansas qu’elle concrétise sa vision politique en devenant à partir de 1977 cofondatrice de l’association de soutien des enfants et familles de l’Arkansas et présidant par la suite le comité des programmes d’enseignement de l’État. Une fois Première Dame des États-Unis, elle poursuivra ses efforts en réussissant à créer un consensus entre les Républicains et les Démocrates afin de créer le projet d’assurance maladie pour enfants (CHIP), la plus grande extension de couverture d’assurance de santé publique depuis l’adoption de Medicaid en 1965. Ce projet a permis de réduire le taux d’enfants non-assurés de moitié, et fournit aujourd’hui une couverture santé à plus de 8 millions d’enfants.

L’ambition politique

C’est en 2000 qu’Hillary Clinton devient la première femme sénatrice de l’État de New York. Cet événement marque les consciences aux États-Unis et à travers le monde dans la mesure où elle s’engage politiquement en tant que Première Dame des États-Unis et indépendamment du président en fonction Bill Clinton. Souvent décriée par l’opposition, on lui reproche alors d’être incompétente et parachutée dans un État dont elle ignore les préoccupations. Paradoxalement, sa campagne est essentiellement axée sur l’électorat Républicain afin d’adoucir son image libérale (au sens américain du terme). Lors de ce premier mandat, elle réussit à établir un véritable consensus entre Démocrates et Républicains au sein de l’État le plus prisé des États-Unis, qui de tradition était un bastion du parti Républicain. Elle sera réélue à plus de 68% des suffrages en 2006, confortant ainsi sa position de sénatrice. Deux ans plus tard, elle se présente à la primaire des Démocrates pour la fonction présidentielle. Elle s’incline face au candidat de l’espoir, Barack Obama, qui la nomme par la suite secrétaire d’État des États-Unis. Cette nouvelle fonction lui permet de véritablement consolider son expérience en matière de politique étrangère. Elle visitera 112 pays afin de défendre une cause qui compte à ses yeux : “l’égalité à la maison et à l’étranger”. Véritable ambassadrice des droits de l’Homme, sa croisade sera autant saluée que critiquée à travers le monde.

 

Crédit Flickr : Brett Weinstein

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