Pedro Sánchez, le nouveau visage du parti socialiste espagnol

Jean Freysselinard | 22 juillet 2014

22.07.14 -6Pedro Sánchez, le nouveau visage du parti socialiste espagnol

Jeune député encore peu connu en Espagne et totalement inconnu au-delà de ses frontières, Pedro Sánchez Pérez-Castejón, vient pourtant d’être élu premier secrétaire du parti socialiste espagnol.

Traumatisé par des élections européennes catastrophiques pour leur parti, les socialistes espagnols se cherchent un second souffle pour lutter contre la montée en puissance sur leur gauche du parti populiste Podemos et espérer revenir aux affaires lors des élections générales de 2015.

Peut-être l’ont-ils trouvé avec l’arrivée sur le devant de la scène de Pedro Sanchez, jeune député ambitieux mais encore méconnu qui a été élu le 13 juillet par les militants avec 48,7 % des voix. Ce Mateo Renzi à l’espagnol, a devancé deux adversaires expérimentés (Eduardo Madina et Pérez Tapie) lors de la première élection au suffrage universel direct du chef du PS espagnol (PSOE). Auparavant, le premier secrétaire avait toujours été élu par les délégués du parti.

Pedro Sanchez, économiste de formation, a commencé sa carrière politique comme assistant parlementaire européen avant de devenir conseiller municipal d’opposition de Madrid et député d’une ville détenue par la droite depuis 1991.

A peine élu, Il s’est également prononcé en faveur d’un soutien au Parti populaire (PP) au pouvoir pour régler la question de la Catalogne qui réclame son indépendance chaque année de façon plus insistante. Cette position de soutien à l’unité de l’Espagne ne l’a pas empêché de donner des marqueurs de gauche à son électorat en promettant de changer le parti pour lui redonner les marques de son identité et en faire une structure « aussi à gauche que la base de ses militants. » Le nouveau secrétaire général du parti socialiste espagnol a également affirmé que son parti ne voterait pas pour l’élection de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

Si l’élection de Pedro Sanchez a la tête du PSOE a fait figure de surprise, cette attitude dogmatique l’est en revanche beaucoup moins quand on sait que le jeune candidat a été fortement soutenu par les caciques du parti qui ne pardonnait pas à son rival, Eduardo Madina, d’avoir imposé l’élection du premier secrétaire par les militants et non par le congrès des délégués du PSOE comme le veut la tradition. Le nouveau chef de l’opposition aura donc fort à faire pour s’exonérer de la tutelle de ceux qui l’ont soutenu dans son accession au pouvoir et prendre toute l’indépendance qu’il a déjà dû justifier face aux questions insistantes des journalistes sur une supposée tutelle de ce jeune premier par la présidente de l’Andalousie (Susana Díaz) dont la puissante fédération a apporté un tiers de ses voix au vainqueur du jour.

 

@jfreysselinard

Crédit photo : La Provincia

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