Article paru dans Le Journal des Transactions Automobile (JTA) le 7 décembre 2015. Benoît Le Floc’h y présente, une note de Fondation pour l’innovation politique, écrite par Mathieu Flonneau et Jean-Pierre Orfeuil et qui comprend deux livrets, Vive l’automobilisme ! (1) : Les conditions d’une mobilité conviviale & Vive l’automobilisme ! (2) : Pourquoi il faut défendre la route.

A l’heure de la COP21, du scandale Volkswagen, du nombre trop élevé de tués sur les routes, etc, etc, l’automobile n’a pas très bonne presse et semble mère de tous les maux de notre société Pourtant, face à ce déchaînement, le son d’une voie discordante vient heureusement d’apparaître. Mathieu Flonneau, maître de conférence en histoire contemporaine à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne et à Sciences Po, et Jean-Pierre Orfeuil, professeur émérite à l’École d’urbanisme de Paris ont ainsi rédigé, sous l’égide de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), une étude très intéressante nommée « Vive l’automobilisme ! ».
Les deux auteurs expliquent « Depuis plus d’un quart de siècle, le prêt-à-penser politique a rangé du côté du bien les transports collectifs et les transports ferrés, et du côté du mal la route, la voiture et les poids lourds. La route reste pourtant le support ultramajoritaire des flux de personnes et de marchandises, et est aussi le berceau des mobilités collaboratives qui joueront un rôle essentiel dans la mobilité de demain ». Et ce discours n’est pas qu’une façade. Il est au contraire parfaitement étayé par des explications souvent méprisées voire ignorées. Mathieu Flonneau et Jean-Pierre Orfeuil séparent, par exemple, les grandes villes comme Paris du reste de la France pour démontrer que la voiture peut être futile ou au contraire indispensable et même vitale. Ainsi, ils précisent que 41 % des actifs en Ile-de-France se rendent sur leur lieu de travail en transport public, contre 6 % en moyenne dans l’ensemble des autres régions. C’est simple, en province la voiture ne peut être niée car elle sert pour travailler, accomplir les tâches du quotidien ou encore atteindre les lieux de ses loisirs.
De plus, pour contrer les discours des plus farouches anti-automobiles, les deux auteurs égrènent les progrès et les bénéfices que l’automobile a réalisés depuis des décennies. Sur le chapitre sécurité, il est ainsi bon de rappeler qu’en 2014, le nombre de tués sur les routes a été de 3 388 alors qu’en 1970, ce chiffre était supérieur à 18 000 malgré un trafic trois moins important qu’aujourd’hui. De même, les progrès technologiques effectués depuis 20 ans pour diminuer la pollution sont exposés. Les oxydes d’azote (les fameux NOx) ont vu leurs quantités divisées par 10, les particules, par 30 et les teneurs en soufre, par 50. Sans oublier la moyenne des émissions de CO2 qui est passée de 176 grammes par kilomètre en 1995 à 117 grammes par kilomètre en 2015.
Enfin, l’étude insiste sur le fait que « malgré un coût monétaire pour l’usager plus élevé, la voiture est toujours choisie, et que personne (ou presque) ne serait prêt à passer 5 heures par jour en ne se déplaçant qu’à pied pour ne rien payer » L’aventure automobile n’est pas prête de s’arrêter, qu’on se le dise !