La Fondation pour l’innovation politique publie la cinquième vidéo de la série célébrant le 70e anniversaire du droit de vote des femmes, à travers les témoignages des premières électrices. Chacune d’entre elles expriment aujourd’hui la vision du rôle de la femme à la sortie de l’Occupation. Le droit de vote des femmes semblait être un objectif lointain au regard de la situation précaire à laquelle le peuple français devait faire face à cette époque. « On n’y pensait pas », affirme Odette Bafar. L’idée d’être un jour à égalité avec les hommes était impensable. La femme était par nature cantonnée à la gestion du foyer familial.  La dépendance à l’égard du mari était à son comble, puisqu’une femme ne pouvait divorcer ni ouvrir un compte en banque sans l’accord de son conjoint. « Il fallait suivre leurs idées. C’était eux qui avaient raison » relate Geneviève Breiheux. Les femmes sont décrites comme étant peu heureuses, dénuées de réelles ressources, libres de partir mais sans perspective d’avenir. « Ce n’était pas du mépris, puisqu’ils les aimaient leur femme, mais c’était pour la maison et pour travailler dans les champs aussi », déclare Paulette Merlin. Les mouvements féministes sont décrits comme avant-gardistes par ces femmes trop occupées par leurs tâches domestiques pour se rendre compte de l’enjeu en cause. « Après coup, j’ai compris que la chose était anormale », conclut Paulette Legras.

Sarah Nerozzi-Banfi


Les premières électrices françaises (5/8… par fondapol

Retrouvez également les témoignages d’Etiennette Clauzure, Odette Roux, et Rolande Trempé et Françoise Rogier.

 

Photo : Le vote des femmes : section de vote à Montmartre : [photographie de presse] / Agence Meurisse