En avril 2013, en Belgique, une Commission de réforme des pensions (CRP) 2020-2040 a été mise en place par les deux ministres en charge de la politique des pensions dans le gouvernement fédéral belge. Cette commission, indépendante du gouvernement et des organisations sociales, composée de douze experts, a déposé son rapport en juin 2014, quelques jours après les élections législatives. Elle plaidait en faveur d’une « réforme en profondeur » du système afin de créer « une nouvelle sécurité ». Le gouvernement fédéral formé après ces élections a repris les lignes de force du rapport et une grande partie de ses propositions dans son accord de gouvernement d’octobre 2014, en affirmant explicitement qu’il prendrait le rapport comme « base scientifique » de réformes structurelles des pensions. Par la suite, si le gouvernement dirigé par Charles Michel a pris des mesures importantes, notamment concernant l’âge de la retraite, aucune réforme structurelle n’a pour l’instant vu le jour.
Au cours de la législature 2014-2019, un blocage sur les questions des « métiers pénibles » a finalement mené à une impasse totale. Force est de constater qu’actuellement, en dépit de bonnes intentions, la confusion et l’inquiétude règnent en ce qui concerne les pensions en Belgique.

Cette note a été écrite par Frank Vandenbroucke, professeur à l’université d’Amsterdam, coordinateur de la Commission de réforme des pensions (CRP) 2020-2040 et président du Conseil académique.