Si les compagnies aériennes européennes ont été touchées de plein fouet par la crise du Covid-19, toutes ne sont pas logées à la même enseigne, que ce soit en termes de capacité de résistance ou d’accès aux aides publiques. En particulier, certaines compagnies « porte-drapeaux », comme Air France-KLM ou Lufthansa, dans une situation financière critique, ont été sauvées grâce au soutien des pouvoirs publics. A contrario, quelques grandes compagnies low cost, à l’image de Ryanair ou de Wizz Air, disposent d’une solidité financière suffisante qui leur permettra de surmonter la crise. La situation des compagnies middle cost, à l’image d’easyJet, apparaît plus incertaine. Notre thèse est que le marché européen, dans une situation déjà fragile avant la crise sanitaire, va probablement connaître un mouvement de restructuration au profit des acteurs low cost, suite à la faillite de petits opérateurs et à l’attrition des grandes compagnies historiques, contraintes de réduire leur voilure, à moins qu’elles n’adoptent résolument un modèle low cost sur le moyen-courrier.

Cette note a été écrite par Emmanuel Combe, Professeur des universités, professeur à la Skema Business School, vice-président de l’Autorité de la concurrence, et Didier Bréchemier, Senior Partner, en charge du secteur transport et travel au cabinet Roland Berger*.