Suite à l’interdiction par la Commission européenne du rapprochement entre Alstom et Siemens, les tenants du déclassement de l’Europe semblaient avoir trouvé leur coupable : une politique européenne de concurrence entravant, par excès de zèle, l’émergence de « champions européens ». Sans nier l’existence de perspectives d’amélioration de la politique de contrôle des concentrations, il serait contre-productif de reprocher à Bruxelles l’application de règles dont les vertus économiques en termes de défense du pouvoir d’achat et d’incitations à innover sont clairement démontrées. Une comparaison avec les États-Unis invite à se méfier des théories qui voient dans les règles de concurrence communautaires un obstacle au développement économique de l’Europe.

Cette note a été écrite par Emmanuel Combe, professeur des Universités, professeur à la Skema Business School, vice-président de l’Autorité de la concurrence, Paul-Adrien Hyppolite, haut fonctionnaire, normalien et ingénieur du corps des Mines, Antoine Michon, haut fonctionnaire, polytechnicien et ingénieur du corps des Mines.