"Nous les jeunes, nous avons un rôle à jouer"
11 juin 2014
« Nous les jeunes, nous avons un rôle à jouer »
Marine Caron, présidente des jeunes UDI de Seine Maritime
- Quand et pourquoi vous êtes-vous engagée en politique ? Pourquoi avoir choisi de rejoindre l’UDI ?
Je m’intéresse à la politique pour la première fois en 2007, mais je ne suis pas encore en âge de voter, je pars faire mes études à Paris, et l’intérêt retombe. Il me faudra attendre quelques années pour me lancer… C’est une rencontre avec un Ministre humain et proche des gens, une sénatrice engagée et une famille politique généreuse et ouverte qui m’ont décidée et convaincue. Alors j’ai pris ma carte, et mon engagement s’est fait naturellement. Un engagement de conviction.
Si j’ai adhéré à l’UDI, c’est parce que j’y ai trouvé des valeurs et des idées qui me correspondaient et que je partageais également : humanisme, Europe, écologie responsable, social-libéral, démocratie, progressisme… J’ai aussi fait le choix de l’UDI car j’y ai découvert, non pas un parti de masse à grande échelle, mais un parti à taille humaine où chacun est une valeur ajoutée. Cela fait maintenant deux ans que je suis engagée à l’UDI et déjà de nombreuses responsabilités m’ont été confiées. J’ai eu l’opportunité de vivre des expériences extrêmement formatrices et enrichissantes qui m’ont renforcées dans mes convictions, et encore plus donné le goût et la passion pour la politique.
- Vous avez été candidate aux élections européennes. Que retenez-vous de cette campagne ?
Après les élections municipales pour lesquelles je me suis investie pleinement, mettant même entre parenthèse mes études durant trois mois, la campagne des européennes fut une expérience très différente mais tout aussi intense et enrichissante. En parcourant la circonscription Nord-Ouest où j’étais candidate (n°4), j’ai pu rencontrer de nombreuses personnes, organiser des manifestations et assister à plusieurs réunions publiques. Défendre l’Union européenne est pour moi primordial, et cette campagne m’a permis de le faire en m’engageant sur des projets importants. Alors que l’intérêt médiatique et l’opinion publique se sont focalisés sur la forme et la montée en puissance du parti de Marine Le Pen, nous avons réalisé une campagne de terrain sur le fond et sur l’avenir de l’Europe. Je suis une européenne convaincue, et je continuerai de me battre pour l’Europe de demain.
- Comment comprenez-vous le désintérêt des Français pour les élections européennes ?
Je fais partie d’une génération qui est née européenne. L’Europe est en nous, elle est notre héritage, notre identité et notre horizon. Notre avenir est européen, c’est une certitude car seule, la France n’a plus le même poids dans le monde d’aujourd’hui. Pourtant l’Europe est loin d’être un acquis, j’en ai conscience. Elle est malmenée, décriée, menacée… Jugée lointaine, complexe, technocratique et pas assez démocratique, l’Europe ne séduit plus le cœur des Français. Aujourd’hui, elle est en panne, sans projet mobilisateur. Ce qui lui manque c’est de la lisibilité et de la proximité. C’est pour ces raisons que les Français se détournent de l’Europe, car ils n’en voient pas les réalisations concrètes dans leur quotidien. Face à ce désintérêt, je pense qu’une solution se dessine. Il faut faire revivre la « fraternité européenne », dont Victor Hugo parlait déjà en son temps. Il faut permettre la renaissance d’un sentiment européen dans le cœur des français, et la prise de conscience de la communauté de destin des peuples qui la composent. Face à un désamour certain, L’Europe doit avant tout retrouver la confiance des citoyens sans qui plus rien n’est possible.
- Comment avez-vous perçu les résultats ce 25 mai ?
En France, la déferlante frontiste a été un coup dur pour les centristes europhiles, ainsi qu’un signal fort lancé aux deux grands partis de gouvernement que sont le PS et l’UMP. A l’échelle européenne, la poussé des partis populistes est elle aussi un élément d’alerte. Aussi, bien qu’il puisse être tentant de relativiser ces résultats (en termes de participation et de représentation réelle au Parlement), je pense qu’au contraire nous avons le devoir de faire face au constat d’échec et d’en tirer des leçons. C’est un appel au changement et au renouveau européen qui a été exprimé dans les urnes. Le repli, l’aveuglement et les chimères de la nostalgie nationaliste ne sont pas des solutions. L’Europe est en nous, elle est notre ADN qu’on le veuille ou non. Faire marche arrière n’est pas possible, car cela serait autodestructeur. Il faut donc repenser l’Europe afin qu’elle redevienne la force de progrès qu’elle fut auparavant. L’Europe est notre force et notre avenir, elle n’est certainement pas notre ennemie.
- Selon vous, qu’est-ce que le « centre » aujourd’hui ?
Les élections européennes ont permis au centre de se recomposer et d’avancer collectivement pour défendre ses idées communes. Dans un contexte de crise, de rejet de l’Europe et de la politique, notre résultat a été honorable. Ce fut une réussite pour la famille centriste réunifiée. Des bases ont été posées, et aujourd’hui le centre existe véritablement sur l’échiquier politique. Face à des partis de gouvernement en déroute et à une extrême-droite en progression, le centre représente une alternative crédible, franche et concrète au service du pays, des citoyens et des territoires. Aussi, nous devons nous mobiliser et continuer nos actions de terrain et de réflexion afin d’impulser une nouvelle dynamique politique. Il n’est donc plus possible de faire des amalgames : le centre et la droite ne sont pas un seul et même parti. Nous sommes proches et en accord sur certaines idées avec l’UMP, mais il y en a aussi d’autres qui justifient notre différenciation et notre marque d’indépendance. Malgré tout, le contexte actuel de dévastation du paysage politique français soulève des enjeux qui dépassent les cadres partisans. Aujourd’hui, nous devons penser plus grand, nous devons penser à l’avenir de la France et aux Français.
- Sur quelles thématiques souhaitez-vous vous investir ?
Agée de 23 ans, le rôle de la jeunesse comme force motrice, innovante et dynamique est pour moi un enjeu primordial afin de permettre un renouveau de gouvernance mais aussi de génération. Nous les jeunes, nous avons un rôle à jouer pour faire renouer le mot politique avec celui de changement, mais aussi est surtout avec celui d’espoir. Nous sommes porteurs d’un nouveau souffle pour la politique ! Et c’est ce rôle que je souhaite défendre. Cependant, si les questions sur la jeunesse m’intéressent, je ne pense pas qu’elles doivent être la compétence exclusive ni la seule prérogative des jeunes. De nombreux autres sujets suscitent mon intérêt. Du fait de mes études et de mes engagements, les questions internationales et européennes représentent pour moi des domaines de prédilection. Un autre domaine me tient aussi particulièrement à cœur : le rapport aux citoyens, à la démocratie et aux enjeux collaboratifs. La proximité, l’écoute, le dialogue sont pour moi des éléments essentiels pour reconnecter la sphère politique et les Français. Je me suis investie dans ce parti car je crois qu’il est possible de faire de la politique autrement. Une nouvelle politique plus belle, plus responsable et plus sincère que je souhaite défendre par mon engagement, et cela tout en suivant avec fidélité la ligne directrice que je me suis tracée comme objectif de vie.
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