Le monde des associations de protection animale a beaucoup évolué ces dernières années, avec notamment la montée en puissance d’un animalisme radical incarné par des courants de pensée, des individus et des groupes qui ne militent plus seulement en faveur de l’amélioration des conditions de vie des animaux mais aussi pour la fin de toute forme d’exploitation des animaux. Ce qui implique, par exemple, de leur point de vue, la fin de l’élevage en France. On a ainsi pu observer l’émergence de nouvelles thématiques (véganisme, antispécisme, libération animale…), de nouveaux mouvements (dont le plus connu est l’association L214) et de nouveaux modes opératoires (diffusion de vidéos à charge contre l’industrie de la viande ou d’autres formes d’exploitation des animaux, actions de vandalisme et d’intimidation visant des boucheries et d’autres commerces…). Même si les végans sont ultraminoritaires dans la société française et plutôt impopulaires si l’on en croit les résultats de quelques enquêtes d’opinion, leur « part de voix » dans l’espace public n’en est pas moins significative, tout comme leur influence auprès d’une partie de la population, notamment parmi les jeunes. Enfin, ils sont également en train de réussir à transformer la question animale en controverse et même en un véritable problème public.

Cette note a été écrite par Eddy Fougier, expert-consultant spécialiste des mouvements protestataires et chargé d’enseignement à Sciences Po Aix-en-Provence et à l’Audencia Business School.