Une véritable mine d’informations qui réunit des variables aussi diverses que l’attachement à la liberté d’entreprendre, le soutien à la peine de mort, la peur de la guerre et la défiance envers les médias, et qui dessine les contours d’une nouvelle peur, au moins aussi déterminante pour nos démocraties que celle de l’immigration massive, du déclassement économique ou du réchauffement climatique: celle d’un grand asservissement, c’est-à-dire d’un recul insidieux des libertés dans nos régimes libéraux.
La liberté de débattre et de publier fragilisée
Celles-ci sont menacées à l’extérieur par la poussée des régimes autoritaires (Chine, Russie, Turquie), qui sortent renforcés de 30 ans de globalisation. Contrairement à l’époque de la guerre froide, ces nations embrassent le libéralisme économique sans adhérer au libéralisme politique et sont même aidées par la nouvelle économie dont ils utilisent les armes technologies pour déstabiliser les démocraties libérales.
Mais nos régimes libéraux sont aussi minés de l’intérieur par plusieurs menaces. La tentation censitaire de la démocratie représentative alimente la montée des populismes qui proclament une défiance envers les élites et réclament leur destitution. L’efficacité critiquée de celles-ci pour contrer le péril écologique ou contrôler la crise sanitaire fait naître la tentation de mesures autoritaires. La liberté de débattre et de publier, au cœur du modèle démocratique, est fragilisée par un multiculturalisme diversitaire qui entraîne un conflit de valeurs sur la liberté d’expression, le pouvoir des « big tech » qui déstabilisent par leurs algorithmes la conversation civique.
Cette liberté de débattre décline même dans ce qui devrait être son sanctuaire: l’université. 44 %, des sondés (et 71 % des Français!) estiment que les citoyens « n’arriveront plus à résoudre leurs désaccords de manière pacifique dans leur pays et auront plus souvent recours à la violence ».
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