Le grand débat sur la transition énergétique donne lieu à d’abondantes controverses insuffisamment documentées, au risque de biaiser les discussions et de rendre finalement impossible les bonnes décisions publiques.

La Fondation pour l’innovation politique a publié plusieurs contributions sur ces enjeux énergétiques. Nous pensons utile d’y revenir dans le cadre des présupposés suivants : alors que relever le défi climatique doit être une priorité absolue et que, depuis au moins deux siècles, nos sociétés ont montré que leurs ambitions en termes de niveau de vie et de style de vie entraînaient une dépendance croissante à l’énergie, toutes sources confondues, l’hypothèse d’une réponse au défi climatique par une décroissance de la consommation d’énergie ne correspond ni à la marche économique, démographique, technologique et sociale du monde, ni à ce que les populations sont en mesure d’accepter compte tenu de leurs attentes légitimes de progrès. En conséquence, il nous semble que la combinaison de la prise en considération de l’impératif climatique et de la satisfaction des besoins et des attentes de nos sociétés appelle un système de production et de distribution d’une énergie décarbonée.

Pour réfléchir à ce thème que chacun perçoit comme central, la Fondation pour l’innovation politique a organisé le 6 février 2019 de 8h30 à 12h45 un colloque intitulé « Impératif climatique : le retour de la Fée Électricité » au Pavillon Cambon-Capucines. Dans le cadre de cette rencontre, une série d’études accompagnant la discussion a été publiée.

Introduction par Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique

Intervention de notre Grand Témoin, Brice LALONDE, président de l’association Équilibre des Énergies

Keynotes de Alain Beltran, directeur de recherche au CNRS (SIRICE) et Patrice Carré, historien et chercheur, animées par Victor Delage, Responsable des études à la Fondation pour l’innovation politique.

1ère Table ronde : « Réconcilier nos impératifs »

Intervenants : Marc BUSSIERAS, directeur Stratégie du Groupe EDF ; Patrice GEOFFRON, professeur à l’université Paris-Dauphine et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières ; Didier HOLLEAUX, directeur général adjoint d’Engie ; Nadia MAÏZI, directrice du Centre de mathématiques appliquées de Mines ParisTech et de la Chaire Modélisation prospective au service du développement durable ; et Pascal ROGER, président de la Fédération des Services Énergie Environnement (FEDENE)

L’électricité est omniprésente dans notre société. Nous avons en effet, et progressivement, créé une civilisation fondée sur l’énergie électrique, mettant ce type d’énergie au centre de nos vies. Cette centralité ne pouvant être remise en cause, elle doit pouvoir continuer à exister tout en respectant les impératifs écologiques contemporains via la décarbonation. Dès lors, quelle est la position de l’électricité dans cette quête d’une énergie décarbonée ?

Les nouvelles technologies (Big Data, IA…) désignent ces nouvelles pratiques qui entrent dans notre vie quotidienne, de la vie à domicile à l’exercice du pouvoir politique, en passant par les métiers de l’informatique, bouleversant nos modes de vie, de consommation, d’information, d’apprentissage et peut-être même de gouvernement. Mais ces nouvelles technologies, prometteuses, demandent beaucoup d’énergie nous poussant à produire plus. Dès lors, comment permettre aux opérateurs de produire plus ?

2ème Table ronde : « Financement : entre ouverture au marché, régulations et subventions publiques »

Intervenants : Claude CRAMPES, professeur émérite à l’École d’économie de Toulouse (TSE) ; Jacques PERCEBOIS, professeur émérite à l’université de Montpellier ; et Emmanuel TUCHSCHERER, directeur des affaires européennes d’Engie.

Aujourd’hui, l’électricité est très subventionnée, tout particulièrement sous ses formes dites renouvelables ; mais l’Europe s’étant bâtie sur le principe d’une concurrence libre et non faussée, les débats opposent souvent une approche par le marché, visant à favoriser le consommateur, et une approche par la régulation publique, la centralité de cette énergie lui donnant évidemment une dimension stratégique conduisant à préserver la souveraineté nationale.
Cet accès au marché différencié influence la formation du prix mais ce dernier est aussi fonction du prix des sources premières d’énergie. Cette analyse – plus large- conduit à nous interroger sur les conditions pratiques de production de l’électricité.

3ème Table ronde : « Afrique, électricité et développement »

Intervenants : Laurence DAZIANO, maître de conférences en économie à Sciences Po et membre du Conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique ; Khaled IGUE, président du think tank Club 2030 Afrique ; Emmanuel SELLIER, directeur du département off-grid à la Direction Internationale d’EDF ; et Gilles VERMOT DESROCHES, directeur développement durable et Accès à l’Énergie de Schneider Electric

L’importance de l’Afrique, la puissance de son développement démographique place ce continent devant le défi de répondre aux immenses besoins en matière de développement économique et humain, mais aussi aux conséquences du réchauffement climatique, lequel appelle des besoins supplémentaires en énergie nécessairement très importants, et en particulier pour ce continent.

Dans le cadre de ces discussions, la Fondation pour l’innovation politique publie une série de cinq notes que nous vous invitons à découvrir :

Une civilisation électrique (1) : un siècle de transformations
Par Alain Beltran et Patrice Carré

Une civilisation électrique (2) : vers le réenchantement
Par Alain Beltran et Patrice Carré

Prix de l’électricité : entre marché, régulation et subvention
Par Jacques Percebois

Vers une société post-carbone
Par Patrice Geoffron

Énergie-climat en Europe : pour une excellence écologique
Par Emmanuel Tuchscherer