À sa grande surprise, l’automobile a pris conscience qu’elle était une industrie ancienne. Son écosystème mute. Elle doit se transformer en acceptant la remise en cause de son modèle économique et de sa fonction sociale, et surmonter quatre défis :

  • s’adapter à un monde urbanisé;
  • traiter la relève du pétrole;
  • devenir un acteur d’un système de mobilité efficient et frugal;
  • participer à la modernité numérique.

Chaque constructeur pensait que le « plaisir de conduire » était immuable, que l’association du progrès à l’automobile allait motiver les jeunes générations et les classes moyennes des pays émergents. Marché de plaisir mais industrie d’ingénieurs, la réponse aux défis ne pouvait venir que de l’abondance et de la fuite en avant technique.

Avec le smartphone sont arrivés le covoiturage et l’autopartage ; avec la crise du diesel, la méfiance envers les constructeurs ; avec les drames de la géopolitique, un rejet du pétrole ; avec Google, la voiture autonome ; avec les législateurs et la COP, une chasse aux émissions de polluants et de particules et au CO2. Ces coups de boutoir ébranlent les certitudes de l’industrie et la poussent à se remettre en cause.

Cette industrie est au carrefour des fantasmes, de l’innovation et de la vie quotidienne. Anthropologique, technologique, l’industrie automobile est le reflet de toutes les ambiguïtés. Plus concentrée, plus « essentielle », encore plus technique avec le mariage de l’automobile et du système global de transport grâce à l’électronique, moins carbonée avec l’abandon à long terme de la « voiture au pétrole », l’automobile sera encore un des secteurs clés du XXIe siècle. Mais ce ne sera plus la même, passant du produit au service.

Nous devons cette étude à Jean-Pierre Corniou, directeur-général adjoint de SIA Partners.