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Le Parisien / Aujourd’hui en France : « Les femmes plus eurosceptiques que les hommes »

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SONDAGE. Une enquête TNS-Sofres sur le sentiment européen des Français révèle une montée spectaculaire de l’euroscepticisme chez les femmes. Explications.

Les Françaises ont une vision de l’Europe nettement plus négative que les Français : tel est l’enseignement surprenant du sondage TNS-Sofres* sur le «sentiment européen chez les Français », publié hier dans notre journal. «Il y a une poussée spectaculaire de l’euroscepticisme chez les femmes», confirme Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol, un centre de recherche plutôt libéral). Ainsi, lorsqu’on leur demande quels sont les mots et sentiments associés à l’Union européenne, 63 % des femmes répondent «chômage», contre 56% des hommes. Elles sont aussi 46% à lui associer le mot «déclin» (37 % pour les hommes) et 41% «peur» (33% pour les hommes). De même, alors qu’une large majorité de Francais souhaite conserver l’euro — 67 % contre 30 % préférant un retour au franc —, ce résultat est très contrasté selon le sexe : 73 % des hommes sont pour garder l’euro et seulement 62 % des femmes. Dit autrement, et de façon plus significative, une femme sur trois désire le retour au franc.

Entre les femmes et l’Europe, c’est la méfiance qui prédomine. Ainsi, elles sont une sur trois à désirer le retour au franc.

Ce thème étant justement l’une des propositions phares de Marine Le Pen, cela signifie-t-il que les femmes seront plus tentées que les hommes par le vote FN à l’élection présidentielle de 2012? «Oui, estime le politologue Dominique Reynié. D’ailleurs, si l’électorat frontiste était caractérisé à l’époque de son père par une surreprésentation masculine, Marine Le Pen, par son style et son discours, est en train de faciliter le passage des femmes au vote FN. » Plus généralement, comment expliquer cet euroscepticisme des Françaises? D’abord, elles apparaissent plus sensibles aux problèmes d’immigration, thème sur lequel elles trouvent l’Europe pas assez ferme.

Très attachées au « modèle social français »

« Les Françaises rejettent le modèle inégalitaire homme-femme associé, à tort ou à raison, aux milieux immigrés, et ne voudraient surtout pas le voir s’installer dans les sociétés européennes », analyse Dominique Reynié. De même, elles sont très attachées au « modèle social français » garantissant l’accès au travail des femmes, comme le système des crèches, les lois sur l’égalité salariale, etc. Or, elles redoutent qu’une Europe trop libérale ne remette en cause ces acquis face à la poussée de la mondialisation. Au total, lorsqu’on demande aux Français s’il faut aller plus loin dans la construction européenne, près d’une Française sur deux (47 %) répond non, contre un tiers seulement des hommes. La femme ne serait donc pas l’avenir de l’Europe…

Henri VERNET, article paru dans Le Parisien / Aujourd’hui en France, le 10 mai 2011

* Sondage TNS-Sofres réalisé pour la Fondation pour l’innovation politique, du 15 au 21 avril 2011, auprès d’un échantillon national représentatif de 1500 personnes âgées de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

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