La dégradation lente et inéluctable de notre système de santé nécessiterait des mesures fortes, structurelles, qui s’attaquent aux causes de cette situation. Continuer dans la voie actuelle aboutit à une lente érosion de la prise en charge par l’assurance maladie et à une augmentation régulière des prélèvements, assorties d’un déficit permanent. Malgré des soins de haut niveau et une certaine qualité des soins courants, les faits sont éloquents : difficultés d’accès aux soins, résultats sanitaires souvent moyens, mécontentement des établissements de soins et des professionnels de santé, voire des assurés sociaux, gaspillages récurrents.

Outre les nécessaires réformes pour remédier à ces problèmes multiples, un constat devrait guider l’action : la partie la plus importante et dynamique des dépenses de santé repose sur les affections chroniques. Et il est possible de parvenir à limiter cette progression en modifiant notamment les comportements individuels. Les soins ne sont qu’une partie de la santé et une véritable politique de santé ne saurait se résumer à toujours dépenser plus pour les soins. Au-delà de son rôle traditionnel de prise en charge des frais de santé, l’assurance maladie doit évoluer dans son approche et donner aux individus qu’elle est censée protéger les moyens de gérer leur capital santé.

C’est tout le sens de la démarche Santé Active initiée à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Sarthe à partir de 1998 et reprise ensuite à l’échelon national par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) en 2011. Néanmoins, ce service en santé n’est plus guère soutenu aujourd’hui, excepté le coaching en ligne. La véritable ambition de ce grand service public qu’est l’assurance maladie n’est-elle pas de garantir la santé de ses concitoyens et pas seulement la prise en charge des soins ? D’être une assurance santé plutôt qu’une assurance maladie ?