La crise sanitaire du Covid-19 a mis en lumière notre dépendance aux importations pour la consommation de biens essentiels, à l’instar des masques de protection respiratoire. De cela est né un mouvement en faveur des « relocalisations industrielles » qui a trouvé un écho dans divers pans de la société, transcendant bien souvent les clivages politiques habituels.

Dans cette note, nous montrons que les relocalisations, entendues comme le rapatriement de productions autrefois réalisées sur notre territoire, devraient toutefois rester cantonnées à des cas très particuliers, pour motif impérieux et en l’absence d’alternatives plus efficaces comme le stockage, la diversification ou l’approvisionnement au niveau européen. La collectivité pourrait, par exemple, accepter de subventionner des lignes de production redondantes pour des biens essentiels en période de crise, tels certains équipements de santé ou des médicaments. Mais, en règle générale, nous gagnerions surtout à porter l’effort non pas sur la « relocalisation » des industries d’hier mais sur la « localisation » de celles d’aujourd’hui et de demain.

S’il existe un secteur dans lequel nous accusons un retard manifeste et sommes pris dans des relations de dépendance qui pourraient se révéler problématiques, il s’agit sans nul doute de celui des nouvelles technologies. Aussi la prise de conscience de la nécessité de créer davantage de valeur sur le territoire européen en investissant massivement dans les technologies numériques en formant et en attirant les talents en science et ingénierie informatiques est aujourd’hui fondamentale.


Cette étude est la première de « Relocaliser – Décarboner – Rapatrier », la nouvelle série de la Fondation pour l’innovation politique. Elle a été écrite par Paul-Adrien Hyppolite, haut-fonctionnaire, normalien et ingénieur du corps des Mines.